En fin de vie, « être accompagné dans la dignité » est possible, plaide Claire Fourcade

Être soulagé en fin de vie, c’est possible. Mais trop de Français n’ont pas accès aux soins palliatifs. Appliquons la loi avant de la changer, plaide Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).

Formée aux soins palliatifs à Ottawa (Canada), diplômée de médecine, coordinatrice de l’équipe de soins palliatifs à l’Hôpital privé du Grand Narbonne et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), Claire Fourcade regrette que les Français n’aient pas accès aux soins palliatifs. Pour elle, adapter une solution à chaque patient en fin de vie est possible. Entretien.

Pourquoi vous êtes-vous engagée sur la voie des soins palliatifs ?

Au début de mes études de médecine, j’ai fait des stages dans des services où se trouvaient surtout des patients atteints du Sida. Les gens mouraient dans des conditions vraiment difficiles. J’ai pensé que cela pouvait se passer autrement. N’ayant rien trouvé en France, je suis partie me former aux soins palliatifs au Canada.

À qui s’adressent-ils ?

À toutes les personnes atteintes d’une maladie qui ne vont pas guérir. La médecine est parfois dure. Des traitements lourds acceptables dans la perspective de guérir deviennent inacceptables quand ce n’est plus le cas. Les soins palliatifs cherchent la meilleure qualité de vie tout au long de la maladie. Ils peuvent donc intervenir dès le diagnostic. Ils placent le patient au centre des préoccupations des soignants. C’est l’institution qui s’adapte au patient et non l’inverse.

Que vous en disent les patients ?

Ils nous disent que le fait de ne pas être seul, de pouvoir être accompagné par ses proches et par les soignants permet de donner du sens à cette période de vie. Elle est souvent difficile, mais souvent aussi extrêmement intense. Il n’y a pas de temps pour le superflu. Il y a beaucoup à se dire, à échanger. Notre travail consiste à rendre cela possible pour chaque patient.

Comment faites-vous ?

Échanger avec chaque patient, chaque famille permet de construire une solution adaptée à chacun. C’est une médecine du un par un, une médecine lente car il faut partir de ce qui est difficile pour les patients. Et, parler de ses peurs, de sa mort, cela prend du temps. Il faut d’abord construire la confiance.

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